L’Afrique se lève contre le trafic de faux médicaments

En Afrique, la prolifération des médicaments contrefaits est une crise de santé publique qui ne peut être ignorée, selon la directrice du Cabinet du chef de l’Etat du Togo, Victoire Dogbé.
Malgré une lutte qui se structure, la prolifération des produits de qualité inférieure ou falsifiés tue chaque année plus de 320 000 personnes sur le continent africain.
“Pauvreté, offre de santé insuffisante, gouvernance défaillante favorisent la circulation de molécules dégradées”, a ajouté le président togolais, Faure Gnassingbé.

C’est un problème qui touche le continent africain de façon disproportionnée. Les pays d’Afrique sonnent l’alarme contre les vaccins contre la méningite falsifiés (inflammation des méninges).

Il y a quatre ans, plusieurs centaines de milliers de personnes sont morts après avoir reçu des vaccins falsifiés. Le problème, ici, n’est pas celui du vaccin. Mais c’est celui de la distribution généralisée de traitements falsifiés ou de qualité inférieure.

Quelle est l’ampleur du problème des faux médicaments en Afrique ?

D’après l’actualité au Togo , le marché mondial des faux médicaments représente jusqu’à 510 milliards de dollars, soit 23 % du marché pharmaceutique global. Ce problème est notamment sérieux en Afrique.

En 2014-2018, 53 % des faux médicaments saisis étaient sur le continent africain.
L’utilisation de ces produits de qualité inférieure ou falsifiés (des substances toxiques, des médicaments inefficaces, etc.) peut avoir des conséquences horribles. Les personnes les plus vulnérables et les plus pauvres étant ainsi les plus touchées. “Ce sont ceux qui ont un mauvais accès aux soins de santé de qualité, aux professionnels de santé et ont des fonds limités qui sont les plus susceptibles d’acheter des traitements à bas prix dans les rues”, a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus, le président de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

“Le phénomène existe dans le monde entier, mais plus de 56 % des médicaments contrefaits saisis depuis 2015 l’ont été sur le continent, où la pauvreté et la faiblesse des systèmes de santé ont favorisé l’émergence d’un marché parallèle”, souligne Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat du Togo.

Aucun médicament n’est à l’abri : des plus anciens aux plus innovants, des médicaments de marques aux génétiques… Le trafic de faux médicaments est mondial et le commerce en ligne (e-commerce) l’a amplifié dans les pays développés.